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5 août 2026 · eu

Dans les ateliers de la Manufacture royale De Wit, gardienne centenaire des tapisseries anciennes

Installée près de Bruxelles depuis 1889, cette manufacture restaure des pièces historiques majeures, dont les tapisseries de Guillaume Werniers conservées à l'Hospice Comtesse de Lille.

Nichée dans un ancien refuge d'abbaye du XVe siècle non loin de Bruxelles, la Manufacture royale De Wit perpétue depuis plus de 130 ans un savoir-faire rare : la restauration de tapisseries anciennes. Fondée en 1889, l'entreprise s'est imposée au fil des décennies comme une référence mondiale pour la conservation de ces œuvres textiles fragiles, souvent tissées il y a plusieurs siècles et menacées par l'usure, l'humidité ou les altérations chimiques des teintures d'origine.

Parmi les chantiers emblématiques menés par les ateliers figurent les tapisseries issues de la manufacture de Guillaume Werniers, aujourd'hui conservées au musée de l'Hospice Comtesse à Lille. Ce musée, installé dans un ancien hospice médiéval du cœur historique de la ville, abrite une collection représentative du patrimoine textile flamand et français des siècles passés. La restauration de telles pièces exige une connaissance approfondie des techniques de tissage anciennes, mais aussi une maîtrise des méthodes contemporaines de nettoyage, de consolidation des fibres et de reconstitution des zones manquantes.

Ce travail de conservation répond à des impératifs à la fois patrimoniaux et scientifiques. Les tapisseries, contrairement aux peintures, sont soumises à des contraintes mécaniques constantes liées à leur poids et à leur mode d'accrochage, ce qui accélère leur dégradation. Les restaurateurs doivent ainsi arbitrer entre fidélité historique et solidité structurelle, en utilisant des fils et des teintures compatibles avec les matériaux d'origine sans dénaturer l'œuvre.

La pérennité de la Manufacture De Wit illustre la persistance, en Europe, d'un artisanat d'excellence indispensable à la sauvegarde des collections publiques. Alors que de nombreux musées, comme celui de l'Hospice Comtesse, cherchent à valoriser leurs fonds textiles auprès du public, le rôle de ces ateliers spécialisés devient d'autant plus stratégique pour garantir que ces témoignages de l'histoire du tissage restent visibles pour les générations futures.


Brève rédigée par la rédaction ADM à partir de Connaissance des Arts. Lire l'article original pour le détail.

Source Connaissance des Arts