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8 août 2026 · fr

« L'Hourloupe » de Dubuffet déployée dans toute son ampleur à Dinard

Une exposition estivale à Dinard retrace l'intégralité du cycle pictural et sculptural que Jean Dubuffet a consacré à L'Hourloupe, de 1962 à 1974.

Jean Dubuffet (1901-1985) reste l'une des figures majeures de l'art français du XXe siècle, connu pour avoir théorisé l'Art brut et bousculé les hiérarchies académiques avec une œuvre foisonnante, entre peinture, sculpture et environnements monumentaux. Parmi ses cycles les plus ambitieux figure L'Hourloupe, univers graphique en noir, blanc, rouge et bleu qu'il a développé pendant plus d'une décennie et qui a fini par envahir tous les supports de son travail, de la toile à l'architecture sculptée.

À Dinard, une exposition ouverte cet été et visible jusqu'à la fin septembre entend restituer ce cycle dans toute son ampleur, en réunissant peintures, sculptures et pièces liées à cet univers foisonnant né au début des années 1960. Le parcours propose de suivre l'évolution de L'Hourloupe depuis ses premières esquisses griffonnées presque par jeu jusqu'à ses développements en trois dimensions, qui ont donné naissance à des sculptures monumentales et à des projets d'architecture utopique.

Ce cycle est né d'un geste presque anodin: Dubuffet aurait commencé à dessiner des formes cellulaires enchevêtrées au téléphone, avant de systématiser ce vocabulaire graphique en un style reconnaissable, fait de contours sinueux et de hachures colorées. L'Hourloupe est devenu bien plus qu'une simple série: elle a structuré l'ensemble de sa production entre 1962 et 1974, jusqu'à déborder du cadre de la toile pour investir l'espace tridimensionnel, avec des œuvres comme le Jardin d'émail ou le Groupe de quatre arbres.

En choisissant de montrer l'ensemble des dimensions de ce cycle plutôt qu'une sélection restreinte de tableaux emblématiques, l'exposition dinardaise cherche à démontrer la cohérence et la radicalité du projet dubuffetien: une remise en cause continue des frontières entre les médiums, portée par un artiste qui refusait toute hiérarchie entre grand art et formes populaires. L'exposition, qui se tient jusqu'à fin septembre, s'inscrit dans une programmation estivale bretonne où plusieurs institutions valorisent le patrimoine artistique français du XXe siècle.


Brève rédigée par la rédaction ADM à partir de Beaux Arts Magazine. Lire l'article original pour le détail.

Source Beaux Arts Magazine