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13 août 2026 · eu

Le misanthrope rentré du froid : le mémorial de Matias Faldbakken pour le 22 juillet

L'artiste norvégien Matias Faldbakken signe un mémorial pour les victimes des attentats d'Oslo et d'Utøya, où la sécurité devient le cœur de la réflexion esthétique.

L'artiste norvégien Matias Faldbakken, figure majeure de la scène contemporaine scandinave, est l'auteur du mémorial officiel commémorant les attentats du 22 juillet 2011 en Norvège. Dans cette œuvre, la question de la sécurité constitue le point névralgique de la proposition esthétique, une approche qui interroge frontalement notre rapport à l'espace public et à la mémoire collective.

Dévoilé à l'occasion du quinzième anniversaire des attaques, le mémorial prend place sur le site même où se trouvait la tour gouvernementale, détruite par l'explosion qui avait fait huit victimes. Faldbakken, connu pour ses œuvres critiques et souvent dérangeantes, a choisi de ne pas ériger une sculpture figurative, mais plutôt un dispositif immersif qui mêle architecture, texte et lumière. L'installation invite le visiteur à expérimenter physiquement la tension entre protection et vulnérabilité, un thème récurrent dans son travail.

L'artiste, également romancier et membre du duo punk art-rock "Alabama", a bâti sa réputation sur une pratique transdisciplinaire qui brouille les frontières entre beaux-arts, littérature et musique. Né en 1973 à Oslo, il a représenté la Norvège à la Biennale de Venise en 2005 et ses œuvres sont présentes dans les plus grandes collections internationales. Ce projet mémoriel, commandé par la Direction norvégienne du patrimoine culturel, marque une étape majeure dans sa carrière, l'inscrivant dans une dimension plus civique et historique.

Le mémorial a déjà suscité des débats au sein de la société norvégienne, certains saluant son audace conceptuelle, d'autres regrettant un manque d'émotion directe. Il s'inscrit néanmoins dans une tendance plus large de l'art contemporain scandinave qui explore les traumatismes collectifs à travers des formes non conventionnelles, à l'instar du mémorial de Jonas Dahlberg pour les victimes d'Utøya. L'œuvre de Faldbakken se veut un espace de recueillement qui ne cède pas à la facilité, où la sécurité devient une métaphore de notre difficulté à faire face à l'indicible.


Brève rédigée par la rédaction ADM à partir de Kunstkritikk. Lire l'article original pour le détail.

Source Kunstkritikk