4 août 2026 · fr
Martine Barrat, de Harlem à la Goutte-d'Or, révélée aux Rencontres d'Arles
Longtemps restée en marge des institutions, la photographe qui a documenté les gangs new-yorkais et les rues du nord de Paris fait l'objet d'une exposition au festival arlésien.
C'est une reconnaissance tardive. Martine Barrat, photographe restée injustement méconnue malgré une œuvre construite sur plusieurs décennies, est mise en lumière cet été par les Rencontres d'Arles, principal rendez-vous international consacré à la photographie, organisé chaque année dans la ville des Bouches-du-Rhône depuis 1970.
L'exposition retrace un parcours qui relie deux géographies populaires : d'un côté les rues de Harlem et le New York des années de crise, où Barrat a partagé le quotidien de membres de gangs, entrant dans leur intimité plutôt que de les observer de loin ; de l'autre la Goutte-d'Or, quartier du nord de Paris marqué par les migrations, dont elle a photographié les habitants, les commerces et la vie de trottoir.
La démarche explique en partie le retard de sa reconnaissance. Là où le photojournalisme classique privilégie l'événement, Barrat s'est installée dans la durée, tissant des liens de confiance avec ses sujets — boxeurs, jeunes des rues, familles — au point que ses images relèvent autant du portrait collectif que du document social. Ce type de travail, mené hors des grands circuits éditoriaux et longtemps peu diffusé en France, est resté à l'écart des récits dominants de l'histoire de la photographie.
Le geste d'Arles s'inscrit dans un mouvement plus large : depuis plusieurs années, les festivals et musées réexaminent les fonds d'auteurs oubliés, en particulier de femmes photographes, dont les archives réapparaissent à la faveur de rétrospectives et de rééditions. Pour Martine Barrat, cette exposition offre l'occasion d'une lecture d'ensemble, du Bronx au 18e arrondissement, et pourrait relancer l'intérêt des collections publiques pour un corpus encore largement à documenter.
Brève rédigée par la rédaction ADM à partir de Beaux Arts Magazine. Lire l'article original pour le détail.
Source — Beaux Arts Magazine ↗