6 septembre 2026 · global
Claudia Casarino : les corps absents d'Alterar el trayecto de la luz
L'artiste paraguayenne Claudia Casarino expose des vêtements en tul qui évoquent les travailleuses migrantes et les vies invisibles.
L'artiste paraguayenne Claudia Casarino est connue pour ses œuvres qui tissent des liens entre le textile, le corps et les réalités sociales. Dans son exposition « Alterar el trayecto de la luz », présentée à partir de septembre 2026, elle explore ce qui échappe d'ordinaire au regard : les vies des femmes dont les corps sont absents mais dont la présence demeure. Utilisant le tul, un tissu fin et translucide, elle crée des robes et des uniformes sans corps, des formes spectrales qui évoquent la disparition et la mémoire.
L'exposition, dont le titre se traduit par « Modifier le trajet de la lumière », réunit différentes pièces qui interrogent le travail domestique, la migration et l'économie informelle. Des vêtements suspendus, des poches vides ou des uniformes semblent flotter dans l'espace, comme des fantômes. Casarino, qui a représenté le Paraguay à la Biennale de Venise en 2017, utilise ces objets quotidiens pour parler de ce qui reste souvent hors champ : le labeur invisible et les histoires de femmes qui ont dû quitter leur pays.
Le choix du tul n'est pas anodin. Ce matériau léger et transparent laisse passer la lumière, créant des ombres et des reflets changeants. Il évoque à la fois la fragilité et la résistance, la présence et l'absence. L'artiste, formée à l'Instituto Superior de Arte de Asunción, travaille depuis plus de deux décennies sur ces problématiques, mêlant souvent broderie, couture et objets trouvés.
Cette nouvelle exposition s'inscrit dans la continuité de sa démarche, mais elle marque un tournant par son affirmation plus politique. En mettant en scène des corps qui ne sont plus là, Casarino rend hommage aux travailleuses migrantes, souvent invisibilisées, et à leur contribution essentielle à l'économie. L'accrochage, qui alterne pièces suspendues et installations murales, invite le visiteur à une déambulation contemplative.
Après cette présentation, dont les dates et le lieu n'ont pas été précisés dans la source, l'œuvre de Casarino continue de circuler sur la scène internationale. Elle a déjà été montrée dans des musées d'Amérique latine, d'Europe et des États-Unis. Cette exposition renforce sa place parmi les voix les plus pertinentes de l'art contemporain sud-américain.
Brève rédigée par la rédaction ADM à partir de Artishock. Lire l'article original pour le détail.
Source — Artishock ↗