19 août 2026 · global
L'Odyssée du trésor de Priam : une bataille de propriété entre trois nations
Découvert dans les années 1870, le trésor de Priam reste au cœur d'un litige opposant la Turquie, l'Allemagne et la Russie.
Le trésor de Priam, un ensemble d'objets en or et en bronze mis au jour dans les années 1870 par l'archéologue allemand Heinrich Schliemann sur le site de Troie, est l'une des découvertes les plus célèbres de l'archéologie. Mais cette collection, qui a alimenté l'imaginaire collectif, est aussi l'objet d'un différend de propriété toujours non résolu entre trois pays : la Turquie, l'Allemagne et la Russie.
Schliemann, qui fouillait le site de Hisarlik, dans l'actuelle Turquie, a exhumé un ensemble de bijoux, de vases et d'armes qu'il a attribué au roi Priam de l'Illiade. Il les a d'abord fait sortir illégalement du territoire ottoman, puis les a donnés à l'Empire allemand. Après la Seconde Guerre mondiale, le trésor a été pris par l'Armée rouge et se trouve depuis au musée Pouchkine de Moscou.
La Turquie, qui n'a jamais reconnu la légitimité de cette sortie, réclame le retour de ces pièces depuis des décennies. L'Allemagne, qui les a exposées à Berlin avant 1945, en revendique également la possession. La Russie, qui les détient de facto, les considère comme une compensation pour les pertes subies pendant la guerre.
Ce contentieux, qui n'a jamais abouti, illustre les tensions entre patrimoine national et circulation des œuvres. Les récentes avancées dans les discussions sur la restitution d'objets spoliés en contexte colonial ou de guerre pourraient raviver le débat, sans pour autant laisser entrevoir une résolution prochaine.
Le trésor de Priam, qui fascine toujours par sa richesse et son mystère, reste ainsi un symbole des enjeux complexes de la propriété culturelle.
Brève rédigée par la rédaction ADM à partir de The New York Times — Art. Lire l'article original pour le détail.
Source — The New York Times — Art ↗