6 août 2026 · eu
Mire Lee, l'art des mondes organiques et machiniques
L'artiste sud-coréenne, révélée au grand public par sa commande à la Turbine Hall de la Tate Modern, poursuit une œuvre singulière mêlant chair, latex et mécanique.
Mire Lee s'est imposée depuis une dizaine d'années comme une des voix les plus singulières de la sculpture contemporaine. Née à Séoul en 1988, l'artiste développe un vocabulaire visuel où s'entremêlent matières organiques et éléments mécaniques : latex, silicone, tubes, moteurs et pompes composent des installations qui évoquent tour à tour des organes, des viscères ou des créatures hybrides en perpétuelle mutation.
Son travail a connu une reconnaissance internationale marquante en 2024, lorsqu'elle a été choisie pour investir la Turbine Hall de la Tate Modern, dans le cadre de la prestigieuse Hyundai Commission. Cette invitation, réservée chaque année à un artiste appelé à concevoir une œuvre monumentale pour cet espace démesuré du musée londonien, a consacré son statut d'artiste incontournable de sa génération.
L'univers de Mire Lee se nourrit d'une réflexion sur le corps, le désir, la décomposition et la dépendance aux systèmes techniques. Ses sculptures, souvent animées par des mécanismes qui les font se mouvoir, suinter ou vibrer, brouillent la frontière entre le vivant et l'artificiel. Cette dimension performative et processuelle distingue son travail d'une sculpture classique figée : chez elle, l'œuvre évolue, se déforme, parfois se dégrade sous les yeux du visiteur.
Formée en Corée du Sud avant de poursuivre son parcours à l'international, l'artiste s'inscrit dans une scène asiatique de plus en plus visible sur la scène de l'art contemporain mondial. Son approche, qui refuse toute esthétisation confortable au profit d'une matérialité crue et parfois dérangeante, continue d'alimenter les discussions sur les nouvelles formes d'installation et sur la place du corps dans l'art actuel.
Brève rédigée par la rédaction ADM à partir de Monopol. Lire l'article original pour le détail.
Source — Monopol ↗