7 août 2026 · eu
Onze artistes d'Asie centrale relisent Turandot à Venise
Le Palazzo Franchetti accueille jusqu'au 31 octobre une exposition qui détourne l'opéra de Puccini pour donner voix à la création féminine contemporaine d'Asie centrale.
Venise consacre cet été un espace inattendu à l'Asie centrale : le Palazzo Franchetti, sur le Grand Canal, présente une exposition collective réunissant onze artistes femmes originaires de la région, de l'Ouzbékistan au Kazakhstan en passant par le Kirghizistan. Le fil conducteur choisi par les commissaires est singulier — Turandot, l'opéra inachevé de Giacomo Puccini créé en 1926, dont l'intrigue situe précisément son action, fictive et fantasmée, en Chine, aux confins imaginaires de l'Orient tel que le concevait l'Europe du début du XXe siècle. L'exposition s'ouvre au public jusqu'au 31 octobre, dans le sillage du calendrier de la Biennale de Venise qui attire chaque année vers la lagune un public international friand d'art contemporain.
En choisissant Turandot comme point de départ, les organisateurs de l'exposition inversent la perspective de l'œuvre lyrique : plutôt que de regarder l'Asie depuis l'Occident, comme le fait l'opéra, ce sont onze créatrices d'Asie centrale qui prennent la parole pour raconter leur propre territoire, ses mythes, ses tensions identitaires et ses héritages soviétiques et post-soviétiques. Le palais vénitien, avec son architecture néogothique surplombant le canal, offre un cadre patrimonial fort à des œuvres qui interrogent, chacune à sa manière, les représentations orientalistes forgées par l'Europe.
Cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large de visibilisation des scènes artistiques d'Asie centrale, longtemps restées en marge des grands circuits internationaux de l'art contemporain malgré la richesse de leurs traditions textiles, picturales et performatives. Des pays comme l'Ouzbékistan ont d'ailleurs multiplié ces dernières années les initiatives culturelles à l'international, notamment lors des précédentes éditions de la Biennale de Venise, où des pavillons nationaux consacrés à la région ont commencé à apparaître.
L'exposition du Palazzo Franchetti s'ajoute ainsi à la constellation d'événements satellites qui gravitent autour de la Biennale, profitant de l'afflux de visiteurs, de collectionneurs et de professionnels du monde de l'art réunis à Venise pendant les mois d'été et d'automne. Elle offre à ce titre une occasion rare de découvrir, sous un même toit, un panorama de la création féminine contemporaine d'une région encore peu représentée dans les institutions occidentales.
Brève rédigée par la rédaction ADM à partir de Artribune. Lire l'article original pour le détail.
Source — Artribune ↗